Selon les données de la Société de l'assurance automobile du Québec, la vitesse au volant constitue l'une des deux principales causes d'accidents au Québec, avec l'alcool au volant.
Malheureusement, les jeunes conducteurs sont beaucoup plus impliqués que les autres dans des accidents liés à la vitesse. De 2003 à 2007, 49 % des accidents mortels liés à la vitesse impliquaient en effet des conducteurs de 16 à 24 ans.
Leur conduite est caractérisée surtout par un manque d'expérience et une témérité supérieure à celle de leurs aînés. Par exemple, en 2006, alors qu'ils représentaient à peine 10 % des titulaires de permis de conduire, les jeunes conducteurs ont commis :
- 18 % des infractions entraînant des points d'inaptitude;
- 36 % des excès de vitesse de plus de 45km/h au-delà de la vitesse permise;
- 47 % des infractions pour vitesse ou action imprudente.
Notions de conduite liées à la vitesse
On ne le répétera jamais assez : la vitesse tue. Voici quelques notions de conduite concernant la vitesse, qui vous permettont de conduire prudemment. Elles proviennent de la Société de l'assurance automobile du Québec.
La vitesse augmente la distance d'arrêt
Lorsqu'un automobiliste aperçoit un obstacle sur la route, il prend le temps de réagir, appuie sur le frein puis parcoure une certaine distance avant de s'immobiliser. C'est ce qu'on appelle la distance d'arrêt, et celle-ci augmente proportionnellement à la vitesse de conduite.
La vitesse augmente la violence du choc
La vitesse augmente considérablement la gravité des blessures en cas d'accident. Ainsi, le risque d'être tué ou gravement blessé lors d'un impact double entre 50 et 70 km/h, et quadruple entre 50 et 100 km/h.
- Un choc à 50 km/h équivaut à une chute dans le vide du haut d'un édifice de 3 étages.
- À 75 km/h, il équivaut à une chute de 7 étages.
- À 100 km/h, on le compare à une chute de 12 étages.
La vitesse réduit l'adhérence du véhicule
Un automobiliste roulant à grande vitesse est plus à risque de perdre la maîtrise de son véhicule dans les courbes à cause de la force centrifuge.
À haute vitesse, le véhicule colle moins à la route, et les risques de dérapage augmentent.
La vitesse diminue le champ de vision
Un conducteur immobilisé ou roulant à très faible vitesse possède normalement un champ visuel de 180°.
À 100 km/h, ce champ est réduit de moitié, car le cerveau humain peut seulement traiter un nombre limité d'informations à la fois.
Or, plus la vitesse du véhicule est élevée, plus le cerveau reçoit d'informations. Il est donc forcé d'éliminer plusieurs données périphériques.
Un automobiliste roulant à vive allure risque donc de ne pas apercevoir l'enfant qui s'apprête à traverser la rue, ou l'automobile qui surgit à une intersection.
La vitesse rend impossibles certaines manœuvres d'urgence
Un véhicule de promenade, et à plus forte raison un camion, ne peut instantanément s'arrêter sur place, ni faire un changement de direction à 90°. Or, quand la vitesse augmente, les trajectoires possibles pour éviter un obstacle, un cycliste par exemple, sont de beaucoup réduites.
La voiture A circule moins vite que la voiture B.
Les camions sont plus difficiles à manœuvrer et plus lents à réagir que les automobiles, car ils sont plus gros et plus lourds. Pour freiner, le camion nécessite donc plus de temps et d'espace.
Plus de 90 % des décisions du conducteur sont basées sur ce qu'il voit.
10 km/h de moins peuvent faire toute une différence !
Un conducteur roulant à 50 km/h aperçoit un piéton. Il pourra réagir, freiner et immobiliser son véhicule à temps s'il se trouve à au moins 31,2 mètres du piéton. Et ce, avec un temps de réaction de 1,3 seconde, dans des conditions normales, sur une chaussée sèche.
Reprenons le même exemple, mais avec 10 km/h de plus...
Le piéton se trouve toujours à 31,2 mètres lorsque l'automobiliste l'aperçoit, mais ce dernier circule cette fois à 60 km/h. Le temps de réagir et de freiner, il ralentit sa vitesse, mais roule encore à 42 km/h en arrivant au point d'impact avec le piéton. Ce dernier sera probablement invalide pour le reste de ses jours, peut-être même mort.
10 km/h de moins, et il rentrait chez lui indemne...
Quelques km/h de moins peuvent parfois faire la différence entre la vie et la mort.
Selon certaines études, diminuer de 3 km/h la vitesse moyenne réduirait annuellement de 15 % le nombre de blessés et de décès.