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Partenariat en santé mentale dans l’Ouest-de-l’Île

18 mai 2012, 16 h 10

Un protocole de collaboration entre le Centre de Santé et de services sociaux (CSSS) de l’Ouest-de-l’Île et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été présenté lundi dernier, au Centre culturel de Pierrefonds, en présence des représentants des quatre postes de quartier (PDQ).

«Cette collaboration améliore la qualité et la sécurité des soins, tout en clarifiant les rôles respectifs lorsqu’il y a une intervention avec des individus», a expliqué la directrice des services offerts par le CSSS aux personnes souffrant de troubles mentaux, de déficience intellectuelle et d’autisme, Francine Giroux.  

Les agents de police qui, dans leurs tâches quotidiennes, côtoient souvent des personnes atteintes de problèmes mentaux, en savent souvent beaucoup plus sur la condition des patients que les intervenants du milieu de la santé. Ce protocole vise donc à établir une meilleure communication entre les deux partis. «Grâce à cette entente, nous pouvons développer des outils pour assurer une meilleure continuité des soins à la population de l’Ouest-de-l’Île et ainsi mieux comprendre leur réalité.» Francine Giroux ajoute qu’il s’agit d’un grand et vaste territoire à couvrir et que le besoin de partenaires se fait sentir maintenant plus que jamais. «On ne peut pas faire ça tout seul.»

Les membres de la Table de santé mentale de l’Ouest-de-l’Île, un regroupement de plusieurs organismes communautaires, ont aussi participé à l’événement. Le journal Cités Nouvelles s'est entretenu avec plusieurs d'entre eux, après l'annonce du partenariat. Deborah St-Martin, directrice administrative au centre de jour Omega à Dorval, l'accueille avec enthousiasme. «Ce que ça va nous apporter, c'est une façon de dealer avec les clients, dit-elle. Ça fait 26 ans que je suis dans le domaine et je peux vous dire qu'il y en a eu des changements en 26 ans!»

Même son de cloche pour Benoit Langevin, directeur et cofondateur de l'Action Jeunesse de l'Ouest-de-l'Île. Il est d'avis que l'accord n'est pas juste bénéficiaire pour les organismes, car un jeune dans le besoin aura ainsi un diagnostic plus rapidement, accompagné des prescriptions adéquates.

«Moins de jeunes tomberont dans une instance d'entre-deux. Quand on a un jeune avec un problème de santé mentale qui passe sa journée au Fairview parce qu'il n'a nulle part où aller, c'est problématique, explique M. Langevin. Le fait qu'il y a beaucoup de jeunes avec des problèmes de santé mentale qui viennent dans les espaces publics, il y a un risque de danger à ce niveau-là. Il faut savoir, auprès de la police, d'où ce jeune vient, du PDQ 1, 3, 4 ou 5? C'est d'arriver à avoir les bons couloirs de référence, qui sont souvent difficiles à établir.»

Déjà du positif

Initié par des policiers de la région, ce protocole de collaboration entre le SPVM et le CSSS de l’Ouest-de-l’Île est dans les boîtes depuis plus de trois ans. Selon le commandant du PDQ 5, Martin Dea, l'entente devrait alléger le travail des policiers, car dès leur arrivée à l'hôpital, une fiche avec une première analyse de la condition du patient sera remise aux agents.

Aussi, le commandant a recensé des chiffres encourageants lorsque le SPVM et les intervenants travaillent main dans la main. «En 2011, de janvier à avril, il y a eu 16 disparitions. À la suite des discussions qu'on a eues, on est rendu, pour 2012, à 7 disparitions. Il s'agit d'une baisse drastique.»

Expérience marquante

En point de presse, Patrick Lalonde, assistant-directeur et chef du service à la communauté de la région Ouest du SPVM, a quant à lui partagé un moment difficile de sa carrière pour montrer l'importance du protocole. À l'été 1991, entre la mi-juillet et la fin août, il a sorti cinq enfants de bas âge d'une piscine et a souffert d'importantes séquelles psychologiques. «J'ai réussi à surmonter ça, à force d'en parler. Mais je ne suis pas 100% guéri, parce que si vous m'invitez à un party de piscine chez vous, vous allez voir que je suis toujours près de la piscine, lance-t-il à la blague. La leçon que j'en tire de cette expérience-là aujourd'hui, et que je partage à tous dans le cadre de ce protocole, c'est qu'il faut agir en prévention et permettre aux jeunes d'aller chercher de l'aide rapidement.»

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