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Nautique

Entretien avec Réal Desrochers

Réal Desrochers

Cliquez sur les questions pour découvrir les réponses.

 

Pourquoi avez-vous choisi d'être agent patrouilleur nautique?

Lorsque j'étais adolescent, j'avais un petit bateau avec lequel nous allions, mes amis et moi, sur la rivière Bécancour et sur le fleuve Saint-Laurent. Nous aimions nous amuser et côtoyer les gros navires commerciaux. Les vagues qu'ils faisaient m'impressionnaient beaucoup!

Par la suite, au fil des ans (et de mes moyens financiers!), j'ai suivi plusieurs formations en navigation et acheté différents types de bateaux , dont un voilier et un bateau conçu pour le ski nautique.

Aujourd'hui, mon travail me permet de vivre au quotidien ma passion pour la navigation et les bateaux!

Dans votre quotidien, qu'est-ce que vous préférez faire?

Il m'est très difficile de choisir entre les trois points suivants :

  • Enseigner aux collègues les notions nautiques policières puis les voir devenir meilleurs... LES meilleurs!
  • Patrouiller sur les plans d'eau. Le seul fait de me retrouver dans cet environnement si particulier et d'y exécuter nos différents mandats me rend heureux.
  • Intervenir en situation de sauvetage dans des conditions difficiles (mer agitée, secteur à risques, etc.), alors qu'on doit agir ans hésiter auprès de la victime ou de son embarcation, et ce, en évaluant les éléments physiques du moment et en choisissant la technique appropriée.

Et que trouvez-vous le plus difficile?

Les contraintes et réalités physiques territoriales et organisationnelles.       

Par définition, une île est entourée d'eau, or nos plans d'eau comportent certains obstacles qui ne nous permettent pas le libre accès autour de l'île lors d'une sortie. Il nous faut donc avoir plusieurs embarcations à différents endroits (ou différents ports d'attache) afin de couvrir avec efficacité notre territoire et d'offrir un service adéquat à la population. Cela diminue l'impact de notre Module au sein du SPVM.

Pouvez-vous nous parler d'un aspect cocasse de votre travail?

Il est toujours particulier d'entendre, même après les 12 ans d'existence du Module nautique du SPVM, différents utilisateurs des plans d'eau nous questionner sur l'autorité et les pouvoirs d'intervention policière du SPVM sur l'eau. Plusieurs nous disent : « Vous n'êtes pas la GRC! Les eaux relèvent du Fédéral! » Ils sont parfois désagréablement surpris d'apprendre que le Fédéral nous a justement donné le pouvoir d'être « la police sur l'eau »...

Je me rappelle particulièrement la fin des années 90, alors que les plaisanciers ne s'arrêtaient pas à nos signaux. Il fallait leur expliquer comment « ça marchait »... On m'a même déjà demandé d'enlever mes souliers pour monter à bord d'une embarcation!

Quelle est la qualité principale nécessaire pour bien réaliser votre travail?

La débrouillardise et l'initiative.

Il est bien sûr avantageux d'être polyvalent concernant le nautisme, mais si quelqu'un n'y connaît rien, avec un peu de débrouillardise et d'initiative, il pourra rapidement suivre l'équipe grâce aux conseils des collègues plus expérimentés.

Que diriez-vous à un jeune qui voudrait faire la même chose que vous?

Si le jeune a de l'intérêt pour le monde de la navigation et du nautisme, et qu'il considère avoir  les qualités énumérées plus tôt, le Module nautique lui donnera la chance d'évoluer dans un cadre et dans un domaine policier complètement nouveaux.

Souvent, je me plais à dire aux candidats qui nous approchent : « Ici, tout est à apprendre. De ton bagage policier actuel, apporte tes connaissances du Code criminel, ton flair policier et ton intérêt. Le reste, on va s'en occuper! »

Considérez-vous que votre travail comporte des éléments de danger?

Oui, deux en particulier.

Le premier est l'environnement immédiat de travail. Le patrouilleur nautique peut toujours se retrouver dans une intervention policière qui dégénère, où la retraite est très difficile, et les portes de sortie, inexistantes.

Et le deuxième, c'est l'eau. L'environnement nautique montréalais comporte plusieurs problématiques : hauts-fonds, courants forts, navires commerciaux, etc. Nos capitaines de bateau doivent être constamment à l'affût de leur situation géographique et des situations potentiellement à risque, qu'il s'agisse d'un sauvetage dans des conditions difficiles, de l'endroit d'interception choisi ou simplement des déplacements de nuit à effectuer sur certains plans d'eau.

Quel est votre plus grand défi?

Maintenir les connaissances du Module nautique du SPVM en conformité avec les plus hauts standards, en bonifiant constamment notre programme de formation et en y ajoutant les éléments nécessaires pour respecter nos critères d'excellence.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier?

D'avoir développé un programme de formation nautique complet (avec certains partenaires externes), et surtout, que cette formation, propriété du SPVM, soit l'une des plus complètes, sinon la meilleure.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote qui permettrait d'illustrer la particularité de votre travail?

Certainement! En voici une démontrant l'importance d'être compétent et efficace.

Un matin de semaine, alors que le sergent et moi sommes à nos bureaux (port de plaisance de Lachine), nous entendons un appel de détresse transmis sur les ondes radio maritimes, concernant des travailleurs en danger près du pont Mercier. Les ressources, à cette heure, sont peu nombreuses. Étant donné notre capacité d'intervention rapide, nous arrivons sur place en 10 à 15 minutes. L'endroit est particulier, car dans le secteur du pont, il n'y a aucun balisage en raison des hauts-fonds, et le courant est très fort. Nous devons faire vite, car la dérive dans ce secteur mène aux rapides de Lachine!

Nous nous attendions à voir une embarcation en panne et à la dérive (peut-être que c'était le cas plus tôt), mais nous nous sommes retrouvés face à une embarcation à demi chavirée, écrasée contre un pilier du pont. Sur le coté de la coque se trouvaient trois travailleurs paniqués qui se demandaient comment ils pourraient être secourus en raison de la situation précaire de leur bateau et des dangers de chavirement, de chute et de dérive dans les eaux froides et agitées du secteur.

Pendant que nous étudiions nos possibilités et notre stratégie d'approche, les occupants d'une autre embarcation d'urgence (plus petite), aussi sur place, semblaient se questionner sur nos actions futures.

Finalement, après avoir déterminé la manœuvre à adopter, nous avons effectué une approche latérale dans le courant (peu commune, mais pratiquée chez nous). Nous nous sommes ainsi déplacés, en parfait contrôle, jusqu'aux victimes, et ce, sans déranger la stabilité de leur embarcation. Nous avons ensuite pu transférer les travailleurs dans notre bateau sans que personne se retrouve à l'eau.

Inutile de vous dire la joie et la stupéfaction des rescapés face à notre rapidité d'intervention et la technique que nous avions employée!

Voilà ce qu'est le Module nautique du SPVM!

 

Pour en savoir +

Rôle de l'agent patrouilleur nautique

Info en alternance

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